Histoire et culture d’entreprise, le nouveau challenge des entreprises en croissance

L’histoire d’une entreprise est avant tout celle des humains qui la composent, de leurs visions et de leurs valeurs, de leurs succès et de leurs échecs. C’est son héritage culturel.

Les entreprises qui perdent partie ou totalité de la force qui les anime à la suite d’une acquisition, d’une fusion ou d’un changement de direction, se comptent par milliers chaque année.

Les grands groupes, au même titre que les entreprises familiales et les start-up hyper-croissantes, sont aujourd’hui confrontés au même challenge : comment conserver, valoriser et transmettre ce « patrimoine culturel » commun fédérateur et créateur de sens ?

1. Conserver la culture et l’histoire de son entreprise

Comment conserver, de manière tangible, un patrimoine immatériel ? Tout d’abord prenons du recul et considérons ce qu’est cette culture, ce patrimoine immatériel de l’entreprise. C’est l’histoire d’une communauté humaine, au travers de ses souvenirs, bons et mauvais, ayant créé une expérience commune unique.

Ces souvenirs existent sous trois différentes formes :

a.  Des souvenirs sous forme immatérielle

Les souvenirs existent dans la mémoire des collaborateurs, présents et passés, mais n’ont pas été exprimés de façon formelle sur un support. Ils constituent une grande part de l’inconscient collectif propre à l’entreprise. Cela peut être le souvenir d’un repas de noël, au cours duquel le directeur avait fait un discours plein d’éloquence et d’émotion.

Dans ce premier cas, il conviendra d’interviewer les personnes concernées, ou de leur demander d’écrire leurs mémoires, afin de conserver ces souvenirs qui donnent sens à l’histoire de l’entreprise.

b. Des souvenirs matérialisés

Ils peuvent être matérialisés sous forme d’écrits papier, à l’occasion de rapports annuels par exemple. Ou encore être stockés dans des négatifs de photos prisent par un collaborateur, à l’occasion d’un événement marquant, comme l’anniversaire des 50 ans de la marque.

Dans ce cas, afin d’optimiser la conservation de ces souvenirs, il conviendra de les numériser (dématérialisation) afin de réduire leur encombrement et de préserver leur qualité dans le temps.

c. Des souvenirs dématérialisés

Devenu la norme aujourd’hui, ces souvenirs peuvent être contenus dans des fichiers numériques (images .jpeg, vidéos .mp4, textes .doc …) et avoir, par exemple, été enregistrés via le smartphone d’un collaborateur à l’occasion de l’intronisation d’un nouveau directeur en septembre dernier.

Assurément, la forme dématérialisée, ou numérique, est celle qui se prête le mieux au stockage, à l’indexation et à l’exploitation des souvenirs. On parle alors de content management ou digital assets management. En pratique, le stockage de ces fichiers et données pourra se faire sur les serveurs physiques de l’entreprise ou sur des serveurs dans le Cloud.

2. Valoriser la culture et l’histoire de son entreprise

Culture d'entreprise start up

Numériser et stocker de façon durable la mémoire de son entreprise est une première étape nécessaire mais insuffisante. Afin de valoriser ses archives, l’entreprise doit leur donner du sens. Cette quête de sens débute par une bonne indexation et une contextualisation.

a. Indexation

L’opération d’indexation consiste à classer ses souvenirs (désormais fichiers numériques) en utilisant une méthode pertinente qui autorise un maximum de critères de recherche et permet d’obtenir un résultat précis.

Indexer, c’est donc attribuer à chaque fichier des informations qui seront utiles pour les retrouver. Par exemple leur provenance, leur date de création, leur auteur, leurs dimensions, etc.

Cette liste d’attributs, ou métadonnées, est à définir selon vos besoins et doit demeurer extensible.

Pour exemple, nous sommes (presque) tous utilisateurs du plus grand index mondial, celui de Google avec 30 000 milliards de pages indexées en 2018*.

b. Contextualisation

La contextualisation des souvenirs correspond à la relation qu’a chaque souvenir avec les autres. Elle permet, par exemple, de rassembler des photos d’événements avec un rapport écrit en se basant sur une date et un lieu commun. Ces relations, souvent nombreuses, peuvent être représentées sous la forme d’une carte heuristique ou d’une base de données relationnelle.

c. Enrichir sa base de données en faisant participer sa communauté

Pour augmenter la valeur de son patrimoine immatériel, l’entreprise devra continuer d’enrichir son stock de souvenirs en y ajoutant de nouveaux fichiers, choisis parmi ses archives ou collectés auprès de ses collaborateurs.

A ce stade, la mise en place d’une application qui automatise les phases d’indexation et de contextualisation peut être judicieux. Celle-ci permet alors de faire collaborer les parties prenantes de l’entreprise dans la collecte de souvenir, tout en développant leur sentiment d’appartenance à leur marque.

3. Transmettre son histoire et sa culture d’entreprise

a. En interne (approche ressource humaine)

Le premier enjeu, lorsqu’une organisation grandit, est l’intégration des nouveaux employés à la communauté (les RH en témoignent.) Pour s’intégrer, ceux-ci devront adhérer aux valeurs de l’entreprise, ce qu’ils feront plus facilement si son histoire leur est clairement présentée.

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A ce point l’importance du Brand Storytelling est capitale. Ce procédé s’appuie sur les souvenirs communs collectés (cités dans les chapitres précédents) afin de créer l’histoire la plus pertinente et contenant toutes les valeurs à transmettre.

La mise en place d’un processus d’on boarding se trouve être un moyen efficace pour transmettre culture et valeurs d’entreprise aux nouveaux venus.

Dans l’opérationnel, des applications web telles que Microsoft Sharepoint ou encore Facebook Workplace représentent de fabuleux outils pour la gestion de communauté d’entreprise.

b. En externe (approche marketing)

La communication externe s’appuie sur les mêmes leviers et utilise de plus en plus les valeurs de l’entreprise pour en faire sa promotion. En l’occurrence, la transmission de l’histoire et de la culture d’entreprise s’appuiera sur des histoires humaines, celles-ci provoquant plus facilement l’émotion.

Les succès et les échecs pourront alors être mis à l’honneur, prouvant ainsi la ténacité et la cohésion des équipes lorsqu’il s’agit de prendre des risques et d’affronter des défis ensemble.

Afin de mettre en place la communication externe la plus efficace, une approche transmédia[*] pourra être envisagée. Celle-ci a pour bénéfice premier d’accroître l’impact de la communication, grâce à une adaptation efficace du support en fonction du message. L’histoire de l’entreprise pourra alors être racontée de façon chronologique et harmonieuse sur plusieurs médias, allant de la simple vidéo à l’expérience immersive dans une installation intéractive grandeur nature.

Conclusion

Il s’avère qu’il devient primordial pour les entreprises en croissance d’investir dans la conservation et l’indexation de leurs souvenirs, et la transmission de leur histoire car tous leurs collaborateurs, présents et futurs, sont et seront en recherche de sens.

Le fil rouge intergénérationnel, l’héritage culturel, la fierté d’appartenance à une marque, autant de concepts qui peuvent, dans certains contextes, apparaître comme dépassés. Mais la vérité est que les jeunes générations (Y, Z, millenials) ont un besoin dévorant de donner du sens à leurs actes, à leur engagement et à leur job. Leur besoin de reconnaissance et d’appartenance à une communauté soudée est aussi fort qu’était le besoin de réalisation de leurs aînés. Entrepreneurs et dirigeants le savent, la motivation de leurs employés dépend beaucoup plus du sens qu’ils donnent à leurs tâches, plutôt que du salaire.

[*]Le transmédia ou transmédia storytelling est la pratique qui consiste à développer un contenu narratif sur plusieurs médias en différenciant le contenu développé et les capacités d’interaction en fonction des spécificités de chaque média. (https://www.definitions-marketing.com/definition/transmedia/)

Par |2019-02-13T20:14:04+00:0013 février 2019|Actualités|1 Comment

À propos de l'auteur :

Aurélien Kohler
Autodidacte passionné par l'informatique depuis l'enfance, Aurélien est par essence un être libre qui aime apporter la joie et susciter l’enthousiasme de ses collaborateurs à travers ses créations. Directeur IT et App designer, il milite pour placer l'expérience utilisateur au centre des projets client.

Un commentaire

  1. de Westerholt
    de Westerholt 14 février 2019 à 12 h 27 - Répondre

    Cet article m’invite à penser que si l’on adjoint le « know how » d’une entreprise à sa culture et son histoire, nous avons une image assez précise de l’ADN de l’entreprise. Conserver et partager (en interne ou en externe) l’identité d’une entreprise, c’est lui donner des racines, un socle solide pour construire à long terme. Prendre le temps avec les collaborateurs, les équipes de s’intéresser à l’histoire et les valeurs de l’entreprise pour laquelle ils s’investissent une bonne partie de leur vie, c’est prendre conscience qu’ils font partie intégrante de l’ADN de l’entreprise, qu’ils constituent et créent le patrimoine immatériel de l’entreprise. La métaphore – sans nul doute facile à créer, et peut-être pas très originale, mais néanmoins interpelante – entre le monde de l’entreprise et la biologie est assez révélatrice. « La fonction principale de l’ADN est de stocker l’information génétique, information qui détermine le développement et le fonctionnement d’un organisme. C’est également la transmission de cette information de génération en génération, ce qui permet l’hérédité. Et enfin, l’information portée par l’ADN peut se modifier au cours du temps. L’ADN est donc le support de l’information génétique, mais aussi le support de ses variations. » (source : internet et ses nombreux articles sur la génétique…).
    Savoir-faire + culture (valeurs & histoire) = ADN = patrimoine immatériel…

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